Musée Who's who


Par Julien Revillon


R

egrouper sur une même page — principe de notre « musée » — les divers photographes et contributeurs à la photographie évoqués sur le site, avec quelques repères biographiques et certaines des images qui leur sont attachées : c'est là le but de cette page. Beaucoup sont cités dans le musée (Origines, Portraits et Paysages) au gré des photos, et certains sont replacés dans leurs contextes, dans Les origines de la photographie. Le choix d'un ordre alphabétique s'est imposé, plutôt que chronologique, d'une part car certains ont vécu en même temps, et, d'autre part, par souci pratique.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

(Cliquer sur les noms renvoie en bas de page, et les lettres aux photographes).



Atget
Jean Eugène Auguste (1857-1927)

Eugène Atget est surtout connu pour ses photographies documentaires sur Paris fin XIXe et début XXe siècles.


Paveur de rue (1899), moulin Radet et bal du Moulin de la Galette, rue Lepic (1899).


Bisson
Louis-Auguste (1814-1876)

L'un des deux « frères Bisson » connus pour de nombreuses photos de montagnes (voyage de Napoléon III en Savoie, 1860), Louis-Auguste est l'auteur du portrait le plus connu d'Honoré de Balzac : un daguerréotype de 1842 — le tirage a par la suite été « repris » notamment par Nadar. Un portrait — le seul photographié ? — de Frédéric Chopin lui est aussi attribué, quoique l'origine n'ait jamais été prouvée.

Voir aussi : la « galerie des portraits ».


Balzac (daguerréotype, 1842), Chopin (1849).


Cameron
Julia Margaret (1815-1879)

Photographe britannique inspirée par la peinture préraphaélite anglaise, elle a surtout produit des portraits, notamment de célébrités, et des illustrations pour des œuvres littéraires. Elle a également contribué au débat cherchant à déterminer l'éventuelle valeur artistique de la photographie à ses débuts.

Voir aussi : la « galerie des portraits ».


Ellen Terry (1863). Sir John Frederick William Herschel (1867).


Carjat
Étienne (1828-1906)

Photographe, journaliste, caricaturiste et poète, É. Carjat a commencé le métier de la photographie à Paris, auprès de Pierre Petit, vers 1858. Installé à partir de 1861, il a produit de nombreux portraits de personnalités. En 1871, comme Gustave Courbet dont il était proche, il a soutenu la Commune et beaucoup travaillé comme caricaturiste (journal Le Diogène) et publié en 1883 le livre Artiste et citoyen. L'une de ses photos les plus connues est celle d'Arthur Rimbaud — lors d'une querelle, en 1872, Rimbaud a blessé Carjat avec la canne-épée d'Albert Mérat : Carjat a alors détruit tous les autres portraits sur verre qu'il avait réalisés de Rimbaud.

Voir aussi : la « galerie des portraits ».


É. Carjat (autoportrait, 1865), A. Rimbaud (1872).


Charnay
Claude-Joseph Le Désiré (1828-1915)

Explorateur, archéologue et photographe français, Désiré Charnay s'est initié à la photographie à partir de 1853. En 1857, le ministère de l'Instruction Publique ayant accepté son projet de tour du monde photographique, il s'est installé à Mexico, et de là a organisé des expéditions (Yucatán, Oaxaca, Tabasco, Mitla, Uxmal, Teotihuacan, Palenque...) jusqu'à son retour en Fance, en 1861 (Cités et ruines américaines, 1863, texte d'introduction de Viollet-le-Duc). Charnay a notamment photographié (sur plaques de verre grand format) des vestiges aujourd'hui disparus — dont la tête monumentale taillée dans la roche d'Izamal. En 1863, reparti comme photographe avec une expédition de la Compagnie de Madagascar, il a surtout parcouru les Commores et la Réunion.

Après dix ans en France, il est retourné au Mexique vers 1877, puis en Amérique du Sud (Montevideo, Argentine, Andes), et a publié son récit à son retour. L'année suivante, son projet accepté d’expédition dans le Pacifique sud l'a mené à Java puis en Australie. En 1880, une expédition archéologique l'a conduit à nouveau au Mexique : en s'appuyant sur des chroniques indigènes, il a localisé Tollan, la capitale mythique des Toltèques, et prouvé que le Méxique précolombien connaissait bien la roue. Après son retour à Paris, en 1882, ses récits et conférences ont rencontré un grand succès (Les anciennes villes du Nouveau Monde, 1885).

Voir aussi : la « galerie des paysages ».


Calendrier aztèque (v.1857), tête d'Izamal (v.1860, coll. musée Quai Branly), Palais des Nonnes à Uxmal, détail de la façade de la Couleuvre (v.1860).


Claudet
Antoine François Jean (1797-1867)

Claudet est né le 18 août 1797 à La Croix-Rousse, à Lyon, et a été élève de Louis Daguerre. Installé à Londres, où il a ouvert un studio, il a amélioré la chimie des daguerréotypes. Il a inventé la lampe inactinique rouge — qui ne voile pas les papiers photosensibles avant fixateur — des laboratoires argentiques. Il a eu l'idée de l'utilisation de photos successives pour donner l'illusion du mouvement. Inventeur en 1848 d'un appareil mesurant l'intensité du spectre lumineux, il a aussi mis au point en 1849 le frontofocomètre, précurseur de l'auto-focus moderne qu'il utilisait pour faire le point de manière précise dans les portraits, et qui aujourd'hui sert aux ophtalmologues et aux opticiens pour la mesure des verres de lunettes (puissance frontale en dioptrie, par opposition à la distance focale entre le foyer du verre et le plan principal).

Membre de la Royal Society depuis 1853, Claudet, déjà connu également pour ses travaux sur la stéréoscopie, a mis au point en 1858 le monostéréoscope : dans la chambre obscure, l’image sur le verre dépoli conserve la sensation du relief, aussi a-t-il cherché, au moyen de deux objectifs distincts, à projeter deux images identiques en un même point de manière à ce qu'elle n'en forment plus qu'une seule sur la surface dépolie.

Malheureusement un incendie a détruit, un mois après sa mort, l'essentiel de ses travaux photographiques.

Voir aussi : la « galerie des portraits ».


M. Faraday (1840), W.H.F. Talbot (1844), Anglaise (1850), C. Dickens (1852), autoportrait avec son fils (1853), famille Claudet (1855). Les images « doubles » sont des daguerréotypes stéréoscopiques.


Daguerre
Louis Jacques Mandé (1787-1851)

Inventeur en 1822 du Diorama, avec Charles Marie Bouton — un spectacle en trompe-l'œil (il en reste un de 1842, dans l'église de Bry-sur-Marne) —, il s'est associé à Nicéphore Niépce à partir de 1829. Après la disparition de ce dernier, en 1833, Daguerre a poursuivi les recherches, en s'appuyant notamment sur les travaux de Bernard Courtois, pour utiliser l'iode comme agent sensibilisateur sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'argent. Le procédé a été mis au point entre 1833 et 1839 : le Daguerréotype. En 1839, à l'instigation de François Arago, l'État français a acquis le nouveau procédé contre une pension annuelle de 6 000 francs versée à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, successeur de son père dans l'association formée avec Daguerre.

Le Daguerréotype a connu un grand succès commercial jusque dans les années 1860. Il consistait en une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent. Il a souvent été utilisé pour des portraits ou l’architecture. Il permettait d’obtenir une image d’une grande précision — quoique « froide », parfois compensée par quelques rehauts de couleurs. Les photos étaient uniques et non reproductibles.

Voir et lire davantage : dans le « musée » et dans l'article « les origines de la photo ».


Daguerre par J.-B. Sabatier-Blot (1844). Atelier (1837). Boulevard du Temple (1838).


Disdéri
André Adolphe Eugène (1819-1889)

Eugène Disdéri est connu pour avoir déposé le brevet de la « photo-carte de visite » en 1854, et avoir mis au point un appareil photographique pourvu de plusieurs objectifs, ce qui permettait d'effectuer différentes prises de vue successives sur une même plaque. Connaissant des hauts — photographe officiel de l'Exposition Universelle de 1855, photographe officiel de Napoléon III — et des bas — faillite et même prison — il a publié en 1862 L'art de la photographie. Il est enfin connu pour avoir photographié de nombreux fusillés après l'écrasement de la Commune.

Voir aussi : la « galerie des portraits » et la « galerie des paysages ».


Méry Laurent (1854), Napoléon III et Eugénie (v.1870).


Draper
John William (1811-1882)

Scientifique, philosophe, médecin, chimiste, historien et photographe né anglais, Draper s'est installé aux États-Unis en 1832. Professeur de chimie et de botanique à l'université de New York en 1838, il a aussi été professeur de son école de médecine de 1840 à 1850, puis président de l'école de 1850 à 1873, et professeur de chimie jusqu'en 1881. Il est le fondateur de l'école médicale de l'université de New York. Dans le domaine de la photographie, il a fait d'importantes recherches en photochimie, et amélioré le daguerréotype (1839). Il a pris la première photo de la Lune en 1840, et mis au point des daguerréotypes capables de montrer de nouveaux détails de la lune dans le spectre visible (1843). Enfin, il a, avec son fils Henry, réalisé des microphotographies vers 1850.

Voir aussi : le « musée ».


Première photo astronomique : la Lune (daguerréotype, 1840).


Durandelle
Louis-Émile (1839–1917)

L.É. Durandelle était associé, entre 1854 et 1862, à Hyacinthe César Delmaet (1828-1862), dont il a épousé la femme, Clémence Jacob, à la mort de ce dernier. Leur atelier s'est spécialisé dans la photographie d'architecture (abbaye du Mont-Saint-Michel, Comptoir d'escompte de la ville de Paris, fouilles du Louvre, Bibliothèque Impériale...), et a notamment suivi la construction de l'Opéra Garnier de 1861 à 1875, interrompue à diverses reprises, notamment pendant la guerre contre la Prusse, et le percement de l'avenue de l'Opéra pour rejoindre le palais des Tuileries — unique percement « sans utilité » de Haussmann, simplement destiné à permettre à Napoléon III, qui vivait aux Tuileries, de se rendre en sécurité à l'opéra. Durandelle a également photographié la construction de la Tour Eiffel (1887-1889).

Durandelle travaillait sur des plaques au collodion, tirant les épreuves, souvent virées à l'or, sur papier albuminé.

Voir aussi : la galerie des paysages.


Opéra Garnier (1864), grand escalier de l'opéra (1865), place de l'Opéra (1868), construction du Sacré-Cœur à Montmartre (1882), Gustave Eiffel devant la pile n°4 de sa tour (1887).


Durieu
Eugène (1800-1874)

E. Durieu est surtout connu pour ses photos de nus et sa collaboration avec Eugène Delacroix — qui a déclaré au sujet de la photographie : « cet art à la machine ne nous a rendu qu'un détestable service : il nous gâte les chefs d'œuvre, sans nous satisfaire complètement » (Journal, 1853). Entre 1854 et 1855, Durieu a également pris une part essentielle dans la constitution de la Société Française de Photographie (SFP).

Voir aussi : le « musée ».


« Mademoiselle Hamély » (1854). Nu féminin (1854).


Eastman
George (1854-1932)

G. Eastman a mis au point une « Méthode et Appareillage pour la réalisation des Plaques à Émulsion », pour laquelle il a déposé un brevet en 1879 : une « plaque sèche », par opposition aux émulsions photographiques existant jusque là, pouvant être contenue dans des appareils qui par conséquent pouvaient devenir plus petits et plus légers. Il a fondé la Eastman Kodak Company en 1881 — d'abord sous le label Eastman Dry Plate Company — et a commercialisé, dans la continuité de son brevet, le premier film du monde à partir de 1885 : en celluloïd transparent et souple, enroulé dans un cylindre autour d'une broche.

En 1888, Eastman a mis sur la marché le premier appareil appelé « Kodak » : le nom devait pouvoir se prononcer dans toutes les langues. Il s'agissait d'un petit boîtier contenant suffisamment de film pour prendre cent photos, avec le slogan : « Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste ». L'appareil devait, après exposition, être renvoyé à l'usine de la Eastman Kodak Company, pour que le film y soit développé puis remplacé, les photos tirées, et le tout retourné au client. En 1898, Kodak a commercialisé l'appareil photo de poche pliant (à soufflet), le Folding Pocket Kodak, utilisant un film négatif de format 57 x 82 mm. En 1900, le Brownie, conçu par Frank Brownell, a été lancé au prix d'un dollar, et permettait vingt vues.

Après 1925, Eastman a délégué la gestion de Kodak, pour se consacrer à ses activités philanthropiques — il s'est séparé de la moitié de sa fortune en 1924, et a été un donateur de l'université de Rochester ainsi que du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à hauteur d'environ 100 millions de dollars, sous le nom de « M. Smith ». Il a également été l'un des premiers industriels à distribuer une partie de ses bénéfices à ses employés sous forme de primes de rendement. Lui qui, paraît-il, n'aimait pas être photographié, s'est suicidé en 1932 en laissant la note : « Mon travail est effectué, pourquoi attendre ? »

Alors que Kodak a mis au point la photographie numérique dès 1975, la société n'est pas parvenue, au début du XXIe, à se maintenir face à la concurrence, et a déposé le bilan en janvier 2012. Une activité minime a survécu, après « restructuration », cotée à nouveau à Wall St. en 2013 — des films Kodak sont à nouveau disponibles depuis la fin 2013, grâce à Kodak Alaris, du Kodak Pension Plan britannique. Le taïwanais JK imaging, partenaire d'Asia Optical Co Inc., a racheté la licence photo de Kodak début 2014.

Lire aussi : l'article « Les origines de la photo ».


G. Eastman à 30 ans (inc., 1884), modèle de 1897, Brownie n°1 (1900), Brownie n°2 (1901), « Brownie camera » (1902), « Take a Kodak with you » (1907), « The Kodak girl », « Folding pockets kodaks », Kodak Super Six-20 (Joe Mihalyi, 1938), dernière note de G. Eastman (1932), film Kodachrome (1928).


Hanfstaengl
Franz Seraph (1804-1877)

Peintre, lithographe et photographe allemand, Hanfstaengl a connu le succès avec ses nombreuses lithographies. Devenu photographe de la Cour, il a réalisé à partir des années 1850-1860 les portraits de politiques, comme le roi Louis II de Bavière, Otto von Bismarck, l'impératrice d'Autriche Elisabeth, et de célébrités, notamment Franz Liszt et Richard Wagner.

Voir aussi : la « galerie des portraits ».


F. Liszt (1858), R. Wagner (1871).


Leitz
Ernst Leitz (1843-1920)
& Oskar Barnack (1879-1936)


E. Leitz était, à partir de 1865, un technicien travaillant pour un atelier d'optique de la ville de Wetzlar (Hesse, Allemagne) qui fabriquait des microscopes. Il a organisé une production en série, et adapté les microscopes aux besoins toujours nouveaux des clients du monde médical.

En 1905, le photographe et ingénieur en chef de la société, Oskar Barnack (1879-1936), a eu l'idée de réduire la taille du négatif et d'effectuer les tirages par agrandissement. Cela l'a conduit à mettre au point en 1913 le premier appareil utilisant des films en 35 mm, le format des pellicules utilisée pour le cinéma : les prototypes « Ur-Leica » — « votre Lei(tz) Ca(mera) » — étaient pourvus d'un objectif de 50 mm, d'un viseur de Galilée (viseur optique avec grossissement faible ou inversé) et d'un obturateur à un seul rideau, ce qui permettait des temps de pose allant de 1/500e au 1/30e de seconde environ. Le premier modèle, le Leica I, à objectif fixe, a été commercialisé en 1925, suivi d'autres modèles comme le Leica I modèle C (1930), le premier 24x36 à objectifs interchangeables, et les Leica II (1932) et III (1933).

Lire aussi : les origines de la photographie.


« Ur-Leica » (1914).


Liébert
Alphonse Justin (1827-1914)

Officier de marine au départ, A. Liébert s'est installé en 1853 aux États-Unis comme photographe. Il est revenu à Paris en 1863 et a poursuivi son activité ; il est devenu membre de la Société Française de Photographie en 1873. Il a été l'un des rares photographes qui sont restés à Paris pendant la Commune, en 1871 : il a photographié les barricades, ainsi que les nombreuses destructions, notamment pendant la « Semaine sanglante » — il est aussi le seul à avoir photographié la proche banlieue de Paris détruite par l'artillerie prussienne.

Il a publié un double album Les ruines de Paris et de ses environs. 1870 - 1871. Cent photographies en 1872.

Voir aussi : la galerie des paysages.


Construction de l'Opéra Garnier (1864), cour intérieure de l'Hôtel de Ville de Paris (1871), palais des Tuileries (pavillon de l'Horloge, 1871), Exposition Universelle (1889).


Marville
Charles-François Bossu (1813-1879)

Peintre-graveur de formation, Charles-François Bossu, dit Charles Marville, a débuté par la photographie d'architecture chez Blanquart-Évrard à partir de 1851.

« Photographe du musée impérial du Louvre », il a suivi les grands chantiers de Second Empire, menés en particulier par E. Viollet-le-Duc ou P. Abadie . « Photographe de la Ville de Paris » en 1862, il a suivi l'aménagement du bois de Boulogne, et photographié le mobilier urbain. À la fin des année 1870, il a suivi la construction de l'Opéra Garnier. Il a notamment publié l'Album du Vieux-Paris (commande du service des Travaux historiques, 1865).

Voir aussi : le « musée » et la « galerie des paysages ».


Nuages au-dessus de Paris (1850), rue Tirechappe (1864), Arts et métiers (1864), ancien Hôtel de Ville (1865), carrefour de l'Odéon (1866), rue Gît-le-Cœur (1866), place Saint-André-des-Arts (1866), avenue de l'Opéra (1876).


Muybridge
Eadweard (1830-1904)

Edward James Muggeridge, dit Eadweard Muybridge, a fait des allers-retours entre Angleterre et États-Unis. Il s'est initié à la photographie dans les années 1860, et s'est établi à San Francisco en 1867 pour y développer son activité de photographe — accusé en 1874 d'avoir assassiné l'amant de sa femme et père de celui qu'il croyait être son enfant, il a finalement été relaxé grâce à ses relations avec le gouverneur de Californie, L. Stanford : cette histoire a inspiré l'opéra The Photographer (P. Glass, 1982). Muybridge a connu à San Francisco un certain succès grâce à son studio itinérant, et la photo en relief stéréoscopique, à l'époque très à la mode (« Panorama de la ville à 360° », 1877), puis au travers de reportages (guerre indienne, parc du Yosemite, Alaska, Far West).

Muybridge en est venu aux études sur la décomposition du mouvement entre 1872 et 1878, à l'occasion d'une polémique sur le galop du cheval, certains prétendant qu'il n'avait jamais ses quatre pattes en l'air simultanément, ainsi que cela a le plus souvent été représenté par les peintres — un prix était offert à qui le prouverait par la photographie. Il a disposé des chambres photographiques le long d'une piste équestre, déclenchées successivement par le passage du cheval : le cheval « quitte » effectivement le sol lorsque ses pattes postérieures se regroupent avec ses pattes antérieures.

Il s'est dès lors intéressé au mouvement, et a inventé en 1879 le zoopraxiscope, un projecteur recomposant le mouvement par la vision rapide et successive des phases du mouvement — presque l'invention du cinématographe.

Voir aussi : le « musée », avec animation du galop.


« Galop de Annie G. » (v.1878-1887).


Nadar
Gaspard-Félix Tournachon (1820-1910)

Après une jeunesse lyonnaise et des études de médecine interrompues pour pouvoir faire vivre sa famille, ses débuts — difficiles — dans la presse parisienne (Le Livre d'Or, Le Charivari), dès les années 1840, notamment comme caricaturiste, lui ont permis de rencontrer des personnalités comme Balzac, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, ou encore Daumier (projet d'un « Musée des gloires contemporaines » dessinées, à partir de 1851). Il s'est lancé dans la photographie au début des années 1850, et, à partir de 1854, les célébrités de l'époque défilaient dans son studio, rue Saint-Lazare puis boulevard des Capucines. Il s'est aussi intéressé au matériel photo, dans le but de le rendre plus facilement transportable — il a été un pionnier de la photo aérienne (Petit Bicêtre, 1858) —, et à l'éclairage, expérimentant le flash au magnésium.

Ruiné après la Commune, il s'est à nouveau relevé : installé jusqu'en 1894 au manoir de l'Ermitage de la Forêt de Sénart, où il accueillait ses amis dans le besoin, il était malade, et a décidé de s'installer, à 77 ans, avec son épouse elle aussi malade dans le Midi, laissant à leur fils la gestion de ses affaires parisiennes, pour fonder à Marseille un atelier photographique. Nouveau succès, avant celui de la rétrospective de son œuvre, organisée par son fils pour l'Exposition Universelle de 1900.

Voir davantage : galerie des portraits.


Autoportrait (1855), T. Gautier (1855), G. Verdi (1860), S. Bernhardt (1865), V. Hugo (1884).


Niépce
Nicéphore (1765-1833)

Ingénieur français — inventeur du pyréolophore, le premier moteur à combustion interne du monde — Nicéphore Niépce est également l'inventeur de la photographie, ou « procédé héliographique ». Il est ainsi l'auteur de la plus ancienne photo : la vue ou le paysage « à Saint-Loup de Varenne », obtenue vers 1826 après plusieurs années de recherche (héliographie au bitume positive / négative sur plaque d'étain pur, 16,2x20,2 cm). Le temps de pose aurait duré entre 8 et 10 heures, ce qui explique que le soleil ait éclairé le mur de droite puis celui de gauche plus tard dans la journée.

Associé avec Louis Daguerre à partir de 1829, ils ont mis au point le procédé du physautotype vers 1832 : une solution photosensible jaune pâle obtenue à base d'essence de lavande dont le résidu après évaporation était dissous dans l'alcool, sur une plaque d'argent ou de verre insérée ensuite dans la chambre noire. L'exposition pouvait vraisemblabement durer jusqu'à huit heures.

Voir et lire davantage : dans le « musée » et dans l'article « les origines de la photo ».


Paysage à Saint-Loup de Varennes (1826). « La table est servie"» (1823-1825 selon A. Davanne et E. Niépce, petit-fils de N. Niépce, 1832 selon J. L. Marignier).


Richebourg
Pierre Ambroise (1810-1875)

Richebourg avait au départ une formation d'opticien, auprès de Vincent J.L. Chevalier (1770-1841), et a été l'élève de L. Daguerre. À partir des années 1840, il a produit des images (daguerréotype, et à partir des années 1850, au collodion) scientifiques, des nus et des portraits, et s'est intéressé à certains aspects techniques : notamment le redressement de l'image, dès 1839, et les premières photos microscopiques, en 1840 — il est l'auteur de deux ouvrages, publiés en 1843 et 1853.

Photographe officiel durant le Second Empire, Richebourg a travaillé aux commandes officielles (visite de la reine Victoria, 1856 ; inauguration du port de Cherbourg en 1858 ; palais de l'Élysée, 1864), sans vraiment rechercher le succès comme Nadar, Disdéri ou Bisson. Il a illustré l'ouvrage de T. Gautier Trésors d'art de la Russie ancienne et moderne (éd. Gide 1859 -1861). Enfin, il s'est par ailleurs spécialisé dans la photo judiciaire (Tropmann, 1869).

Voir aussi : le « musée » et la « galerie des paysages ».


Forum romain (1840), palais Élysée Napoléon (1864).


Sabatier-Blot
Jean-Baptiste (1801-1881)

Peintre miniaturiste de formation, J.-B. Sabatier-Blot, ami de Louis Daguerre, a ouvert un studio en 1842, et produisait des daguerréotypes. Membre de la Société de Française de Photographie fondée en 1854 — et dépositaire aujourd'hui d'une importante collection de photos et d'appareils anciens — il a déposé deux brevets dans les années 1860 pour des appareils de développement « faciles à utiliser ».

Voir aussi : le « musée ».


Portrait de L. Daguerre (1844).


Talbot
William Henry Fox (1800-1877)

Scientifique britannique — mathématicien, physicien et philologue, intéressé par la botanique, la philosophie et l’archéologie — W.H.F. Talbot s'est intéressé aux chambres noires à partir de 1833, et a inventé le calotype, dont il a déposé le brevet en 1841. Son procédé permettait d'obtenir un négatif papier, à partir duquel il était possible de « tirer » plusieurs images positives : il s'agit de la base de la photographie argentique moderne.

Voir aussi : le « musée », et son portrait par A. Claudet (daguerréotype, 1844).


Élévation de la colonne Nelson à Trafalgar Sq. (1844). La tombe Sir Walter Scott, Dryburgh Abbey (1844). Oxford High St. (1845).






A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z